Fictions et interactions
Table ronde : "immersions dans les fictions artistiques I"
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Supposition - Invention - Fiction »
Table ronde du vendredi 5 février 2010
"Modélisation, simulation et immersion dans les fictions artistiques"
Table-ronde du vendredi 5 février 2010
La question de l’intermédialité abordée en 2009
a permis d’entrevoir son caractère ambivalent en regard de l’immersion
fictionnelle. Il s’agit maintenant de reconduire cette question de l’immersion
dans ses rapports à la modélisation et à la simulation.
La table-ronde du vendredi 5 février aborde la question de l’immersion
dans les fictions artistiques à travers une présentation des
œuvres de Marion Tampon-Lajarriette et Martin Beauregard. On tentera
d’envisager trois situations et leurs interactions, celle du monde réel,
celle de l’immersion fictionnelle et celle de l’immersion non-fictionnelle
pour les rapporter à l’œuvre artistique.
On prendra acte tout d’abord que l’immersion qui est une caractéristique
importante de la fiction ne lui appartient pas en propre, on peut s’immerger
dans un paysage réel ou être immergé par une émotion
intense. Faut-il alors souscrire avec Marie-Laure Ryan que l’immersion
fictionnelle atteint dans la fiction « une intensité sans précédent,
car la modélisation d’un monde imaginaire n’est pas soumise
à la censure qui limite les représentations du monde actuel
à l’information vérifiable » ?
Mais comment décrire au préalable, les interactions entre l’immersion
fictionnelle et le monde ? Le processus d’immersion réside dans
une inversion des hiérarchies entre l’attention au monde et l’attention
accordée au caractère illusoire de la représentation
(Schaeffer, 2009). Dans l’immersion fictionnelle, le monde fictif ne
prend pas la place du monde réel : il y a coexistence des deux mondes.
Cette coexistence suppose des échanges, « des rentrées
et sorties » entre le monde fictionnel et le monde réel comme
dans le jeu enfantin où l’on sort provisoirement du jeu pour
en (re)négocier les règles du « comme-si » et mieux
s’y replonger. Mais, cette comparaison avec le jeu a-t-elle un sens
par rapport à l’œuvre d’art ? Par ailleurs, peut-on
parler d’immersion partielle ou d’immersion totale ? L’immersion
partielle ou l’immersion totale relève-t-elle d’une simple
question d’intensité ou en définitive de l’illusion
?
* * * * *
Martin Beauregard : « Simulations de l’image et du dispositif
cinématographique. Étude de l’approche intermédiale
en pratique photographique ».
Je propose de contribuer à la thématique « Modélisation,
simulation et immersion dans les fictions artistiques » à partir
d’une pratique personnelle de la photographie. Dans cette intervention,
j’insisterai sur l’aspect intermédiatique de la simulation.
En premier lieu, nous verrons que la simulation s’enracine dans une
pensée de l’image et du dispositif cinématographique,
où la photographie reproduit en partie les conditions de représentation
du film. En second lieu, nous montrerons comment la simulation de l’image
et du dispositif cinématographique renouvèle la valeur conceptuelle
de ces deux notions, la diégèse et la narration, ce que révèlera
le passage du cinéma dans l’espace d’exposition d’art
contemporain.
Marion Tampon-Lajarriette
Le travail vidéo et photographique de Marion Tampon-Lajarriette puise
dans les œuvres marquantes du cinéma, mais aussi dans la télévision
ou la presse. Il s’insère dans ces systèmes de représentation
pour en dégager, notamment, des états psychiques et pour déterminer
comment les images hantent notre rapport au réel. Chez elle, le remake
se conjugue aux évolutions récentes des nouvelles technologies
et à une pratique interactive de l’image qui interroge la place
du spectateur. Elle parle d’un « au-delà des bords de l’image
où de nouveaux parcours sont possibles. Par des déambulations
libres, on passera peut-être à côté de l’événement,
ce qui permettra justement d’assister à cet à-côté
du spectacle et de parcourir le hors-champ infini de l’image »
.
Marion Tampon-Lajarriette est née à Paris en 1982. Diplômée
de l’École nationale supérieure d’art-Villa Arson
à Nice et de l’École nationale supérieure des beaux-arts
de Lyon, elle a complété ses études par un master en
art et nouveaux médias à la Haute école d’art et
de design de Genève. Son travail a été montré
en France, Suisse, Angleterre, Allemagne, Espagne, Mexique ainsi qu’en
Russie. Il a été exposé notamment au Palais de Tokyo
(Paris, 2010), au MAMCO (Genève, 2009), à la Maison Européenne
de la Photographie (Paris, 2009), au GCCC-Garage Contemporary Culture Center
(Moscou, 2009), au Musée Les Abattoirs (Toulouse, 2009), à l’Universal
Cube (Leipzig, 2007) à la Cinémathèque Française
(Paris, 2007), au Festival Printemps de Septembre (Toulouse, 2008 et 2009).
En 2009, elle a reçu la Bourse fédérale d’art (Suisse).
Elle vit et travaille à Paris et à Genève.
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